Voilà un film que j'attendais impatiemment : moi, presque nourrie au biberon par les Rolling Stones (merci papa), voir sortir un
film du grand Scorsese sur un concert de ces quatre vieux schnock, ben je me rue dessus mon bon ami !
Première surprise, ce film est drôle. Au début on voit en effet, Mick Jagger et Martin Scorsese parler séparemment chacun dans
leur coin de la scène où le film va être tourné. Scorsese dit avoir tout préparé comme Mick le souhaitait, et on entend ensuite Mick dire que ce n'est pas du tout ce qu'il voulait... héhé,
premier état de stress pour le grand Marty. Ensuite, quelques heures avant le concert, Marty n'a toujours pas la set-list du concert. "Peut-on savoir ce qu'ils vont jouer ???" Il montre trois
paquets de feuilles contenant les noms des morceaux qu'ils vont probablement jouer...
Le concert est présenté par Bill Clinton parce que c'est un truc de charité contre le réchauffement climatique ou quelque chose
dans le genre, il ne nous épargne pas un discours niais en disant que "les Stones connaissent ce problème et ont déjà agit contre" youpi bravo c'est super bien, t'as fait ta bonne action (le
bougre quand même, il a invité une trentaine de personnes au 1er balcon).
Bref on passe à autre chose, petite concertation avec les techniciens : "Si Mick reste plus de 18 secondes sous le projecteur,
il va cramer !", ce à quoi Scorsese répond "c'est exclu ! on peut pas faire cramer Mick Jagger !!". L'heure H approche, toujours pas de set-list, un technicien arrive furtivement vers Scorsese,
lui jette la feuille de la set-list, Scorsese l'attrape et, ni une, ni deux, boum, ça démarre : riff d'intro de Jumping Jack Flash. C'est là que l'on voit tout le potentiel du réalisateur, ce film tient une dynamique incroyable ! En fait au départ on a
l'impression que c'est un film sur Scorsese qui fait un film sur les Stones.
Et instatément on en a plein les oreilles, il faut dire que les conditions dans lesquelles j'ai vu ce film sont parfaites : le
cinéma Max Linder à Paris, un écran géant, un son superpuissant et nickel ! Les morceaux s'enchaînent et au bout du quatrième ou cinquième, gros plan sur Charlie Watts qui regarde la caméra en poussant un
soupir de fatigue...Petit retour en arrière, une interview de Jagger dans les années 60 : "-depuis combien de temps vous faîtes cela ? - 2 ans et je ne pensais pas qu'on arriverait jusque là, je n'y croyais pas au début, ça fait 2 ans et les gens disent encore
qu'on est un nouveau groupe... - et vous pensez que ça va encore durer longtemps ? - non, je pense encore un an, c'est tout" .... 40 ans plus tard...ils sont toujours là.
Très vite, le premier invité arrive, Jack White vient chanter et jouer de la guitare avec Mick sur Loving Up. On dirait, au
début du morceau, que Jack n'arrive pas à se contenir tant il est content d'être là, plein de sourires vers Mick...
Plus tard viendra Buddy Guy sur Champagne and Reefer de Muddy Waters (une des influence majeure des Stones), quelle
voix il a ce bonhomme... Ron Wood est déchaîné. Toujours dans la dynamique du film, à un moment rapide, gros plan sur Keith qui crache sa cigarette terminée (il doit être le seul à fumer dans la
salle en fait). Vers le milieu du concert, Jagger présente tout le groupe : il y a en effet trois choristes, dont une nana à la voix
époustoufflante, des cuivres (trompette, trombonne et saxophones), un bassiste et un type au clavier. Il présente aussi ses vieux accolytes : quand c'est au tour de Charlie Watts, il lui
dit "dis bonjour Charlie !", Charlie : "Hello", Mick : " Il parle !!".
Ce n'est qu'au bout d'un certain temps que Keith Richards commence à pousser la chansonnette sur Far Away Eyes,
apparemment Mick n'est pas prévenu et ça le surprend un peu, il le regarde bizarrement... Sur Tears Go By, que Jagger présente comme l'un de leurs premiers morceaux qu'ils ont "donné" (à Marianne Faithfull)
car n'étaient pas fiers du résultat, la complicité est sans précédent entre Mick et Keith. Plus tard, Mick disparaît et c'est Keith qui chante en solo sur You Got the Silver avec sa voix fragilisée. Puis Mick
réapparaît à l'autre bout de la salle, traverse le public (armé de quelques gardes du corps) pour répéter à nouveau sa danse endiablée et frétillante, je crois que c'est sur Sympathy for the
Devil, mais à confirmer. Bref avec tout ça, grâce à Martin Scorsese, vous avez l'impression d'être dans la salle, très sincèrement à chaque fin de
morceau j'ai failli applaudir "ah mince, non, je suis au ciné là !". Mais ce qui est fort c'est qu'à certains moments vous avez aussi l'impression d'être sur la scène avec eux, et voire parfois
dans leur tête !
Vers la fin, nous avons la visite de Christina Aguilera, à laquelle j'épargnerais une critique méchante, disons qu'elle ne
chante pas faux (sur Live with Me), mais je déteste sa façon de chanter : "oooohmmmmrrrrrryéhiyéhiyeeeah !!", c'est le seul moment du film où j'ai arrêté de taper du pied.
Et voilà, la fin est proche, la caméra recule, recule, sort de la salle, sort de la rue, sort du quarier, etc et donne un gros
plan sur la ville de New York, avec la pleine lune, qui se transforme en....langue des Stones évidemment ! C'était le dernier clin d'oeil, réveillez-vous de ce rêve il faut sortir !
Je regretterais juste l'absence de mon morceau préféré des Stones : Gimme Shelter, surtout qu'avec cette choriste, ça
aurait pété du tonnerre !
Vos impressions